Afrique du Sud : La majorité des noirs broient encore du noir

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image EFF leaders Julius Malema and Floyd Shivambu

Bien qu’aujourd’hui, la politique gouvernementale de l’ANC fait des efforts remarquables pour développer l’instruction, construire des logements décents, électrifier les cités, et surtout favoriser l’émergence d’une bourgeoisie noire dont le produit le plus en vue est justement Cyril Ramaphosa, Vice-président de la République Sud-Africaine, la majorité des noirs broient encore du noir : analphabétisme, chômage, alcoolisme, prostitution, etc. Lorsqu’en 1994, l’ANC accède au pouvoir, le gouvernement sud-africain a besoin d’ingénieurs pour l’industrie minière principalement, de médecins, de professeurs, etc. les Africains trouvent la brèche qu’ils n’hésitent pas à emprunter. L’Afrique du Sud, qui, à plus d’un aspect, reproduit certains pays européens, devient le nouvel eldorado pour les Africains. Le climat s’est gâté lorsque la vague de tous les laissés-pour-compte a commencé à déferler sur Johannesburg, Pretoria, Durban, et autres villes  sud-africaines, privant les nationaux de certains petits boulots, vivant souvent d’expédients. Les nerfs ont été piqués à vif à cause des frustrations, l’explosion était devenue inévitable.

S’il y a un combat que l’Afrique a gagné, presque sans bavure, c’est celui de la lutte de libération du continent. Lorsque les Pères de l’indépendance se réunissent à Addis-Abeba en 1963 et décident de créer l’OUA, transformée en UA, mimétisme  oblige, la libération totale de l’Afrique est inscrite au fronton parmi les objectifs prioritaires. A l’époque, le Portugal garde encore ses provinces africaines de l’Angola, du Mozambique et de Guinée Bissau ; l’Espagne contrôle le Rio de Ouro ; les Anglais sont encore en Rhodésie du Sud, et les Afrikaners sont maitres de l’Afrique du Sud et du Sud Ouest Africain.

Les pays africains s’investissent dans ce combat : accueil des refugiés, camps d’entrainement, soutien financier aux mouvements de libération, boycotts sportifs, pressions diverses au sein des instances internationales … tous les moyens ont été mis en branle pour obtenir la libération de l’Afrique. La Ligne de front s’est rapprochée finalement, après l’indépendance des colonies portugaises et de la Rhodésie du Sud devenue Zimbabwe, du pays de l’apartheid contraint de lâcher prise. Nelson Mandela ne s’est pas trompé lorsque, après sa sortie de prison, la première tournée qu’il effectue en Afrique a eu pour objectif de remercier les pays qui ont soutenu la lutte de libération de l’ANC, souvent au risque des représailles mortelles. Samora Machel du Mozambique a payé de sa vie l’engagement de son pays dans ce combat.

Voilà pourquoi, l’Afrique se trouve scandalisée par le comportement xénophobe que les Sud-Africains affichent à l’égard des ressortissants étrangers du continent.

Certes, les Sud-Africains ont été par le fait d’un gouvernement raciste et oppresseur, soumis à des injustes hors normes : une instruction insuffisante et au rabais, les mettant au ban de la civilisation, des masses parquées dans des camps insalubres, sans électricité, et sans liberté de mouvements, dépossédées de la presque totalité des terres arables, privées de toutes libertés publiques. Un peuple  qui n’a pas plus eu d’autre alternative que de répondre à la violence entretenue, sournoise,  humiliante par une autre violence sans concession, libérée de tout scrupule et prête au sacrifice suprême. Bien qu’aujourd’hui, la politique gouvernementale de l’ANC fait des efforts remarquables pour développer l’instruction, construire des logements décents, électrifier les cités, et surtout favoriser l’émergence d’une bourgeoisie noire dont le produit le plus en vue est justement Cyril Ramaphosa, Vice-président de la République Sud-Africaine, la majorité des noirs broient encore du noir : analphabétisme, chômage, alcoolisme, prostitution, etc.

Lorsqu’en 1994, l’ANC accède au pouvoir, le gouvernement sud-africain a besoin d’ingénieurs pour l’industrie minière principalement, de médecins, de professeurs, etc. les Africains trouvent la brèche qu’ils n’hésitent pas à emprunter. L’Afrique du Sud, qui, à plus d’un aspect, reproduit certains pays européens, devient le nouvel eldorado pour les Africains, et même pour les ingénieurs et médecins congolais, notamment ceux de la Gécamines en plein déclin. Le Katanga, la province la plus méridionale de la RD Congo, leur offre la possibilité de rejoindre le pays de Mandela. Cette émigration a été bien accueillie, et elle y est aujourd’hui bien installée. Le climat s’est gâté lorsque la vague de tous les laissés-pour-compte a commencé à déferler sur Johannesburg, Pretoria, Durban, et autres villes  sud-africaines, privant les nationaux de certains petits boulots, vivant souvent d’expédients. Les nerfs ont été piqués à vif à cause des frustrations, l’explosion était devenue inévitable.

Certes, comme l’a si bien dit l’ambassadeur sud-africain à Kinshasa, qui a présenté du reste les excuses de l’Etat à l’Exécutif congolais, les  » attaques contre des sujets étrangers ne sont pas des choses organisées par le gouvernement sud-africain « . A l’exemple malheureux de ce qui s’est passé en République du Congo l’année dernière. N’empêche, que le gouvernement de l’ANC a la responsabilité de sécurisé  tous ceux qui ont fait de ce pays, dans le respect de ses lois, leur seconde patrie. Il a aussi la responsabilité d’aider le peuple à ne pas souiller la mémoire de Nelson Mandela, cet homme qui a porté très haut dans l’histoire les valeurs de la race noire.

[Thomas MAKAMU]


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