Avec un roi retardé mental : L'Afrique du Sud est encore un etat fragile

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image Goodwill Zwelithini -

L’Afrique du Sud ! Ce pays arc-en-ciel fait parler de lui (en mal ?). Le roi Goodwill Zwelithini, un retardé mental pour certains observateurs, avait mis le feu aux poudres le 21 mars 2015 en sommant les étrangers de "faire leurs bagages et de quitter le pays". "Nous sommes assis sur une bombe à retardement : les étrangers risquent de prendre le contrôle de ce pays", a répété Edward Zuma, fils du président sud africain, le 1er avril 2015, reprenant à son compte la rhétorique du roi zoulou. A Durban comme à Johannesburg, les immigrants noirs ne peuvent plus dormir sur les deux oreilles. Y compris dans le Township de Soweto. Les différentes scènes relayées par les médias montrent des séquences d’un sentiment de xénophobie où des Noirs Sudafs s’en prennent violemment à d’autres Noirs. Mieux, à leurs frères ressortissants d’autres pays du Continent. Une véritable chasse à l’homme qui se solde, au mieux par des pillages, au pire par mort d’homme ! Dans la plupart des cas, brulé vif par les zoulous.

Le tout se passe sous la barbe de la Police sud-africaine, visiblement " débordée " par les événements. C’est vrai qu’on ne partage pas la misère. Le recoupement de différentes analyses de ces incidents malheureux tranche sans atermoiement. " Les " Noirs oppresseurs " des Noirs au pays de Mandela accusent leurs victimes de les avoir contraints à la pauvreté, la déshérence ". Depuis, une situation de sauve-qui-peut s’installe aussi bien à Johannesburg, à Durban qu’à Soweto où le drame a cédé la place à un cauchemar permanent pour les immigrants africains. Pour plusieurs raisons, ces événements heurtent plus d’une sensibilité. 

Comment comprendre qu’un pays comme l’Afrique du sud, longtemps considéré comme une sorte d’antidote à l’afro-pessimisme, puisse sombrer dans ce genre de violence ? Peu importe la motivation des ses auteurs, ces pillages envoient une très mauvaise image du pays de Jacob Zuma à l’extérieur. Pas seulement. Pour une Afrique du sud, deuxième puissance économique du continent après le Nigeria (les statistiques faisant foi), ces pillages sont aussi la preuve que l’Etat sud-africain est encore fragile. D’où, tout le contraste avec le prestige d’un passé encore très récent, présentant l’Afrique du sud comme le modèle d’un Etat fort et stable du continent noir. Les pillages et autres tueries au coeur des villes comme Durban ou Johannesburg témoignent de la fragilité de l’Etat sud africain.

A ce titre, l’Afrique pouvait légitimement servir de modèle de gestion à tout ce que le continent compte de « républiques bananières ». Voilà que, malheureusement, le même " pays-icône " suscite au jour d’aujourd’hui, bien des questions. Le pays charrie sans doute une histoire qui le différencie des autres nations du continent : l’apartheid. Pour combattre le Régime raciste, tous les fils du Continent avaient joint leurs voix à celle de leurs frères Sud-africains pour combattre ces inégalités sociales. Voilà qu’avec le recul du temps, les Noirs non originaires sont presque déclarés " persona non grata ". L’eldorado tant convoité par des milliers de jeunes immigrants a tourné en enfer.


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