FDLR : ZUMA demande des explications à Dos SANTOS

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image Eduardo dos santos et Jacob Zuma

Du côté de Pretoria, l’annulation du sommet de Luanda a provoqué  le mécontentement. Ce qui pousse Jacob Zuma, en charge des problématiques de sécurité et de défense au sein de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe),  à demander des explications à Luanda. D’autant plus que Kigali a toujours accusé l’Afrique du Sud qui est membre de la SADC – comme la RDC –  de tout faire pour éviter les opérations militaires contre les FDLR. Des accusations qui n’échappent pas également à la Tanzanie qui est aussi membre de la SADC et fournit des troupes à la brigade de l’Onu en RDC. Kigali a toujours accusé les autorités tanzaniennes de parti pris envers les FDLR.

Dix jours après l’expiration de l’ultimatum imposé aux FDLR par la CIRGL et la SADC de se rendre volontairement, l’offensive des FARDC appuyées par la Monusco tarde à être déclenchée. Conditionnée finalement à la tenue du sommet de la CIRGL et de la SADC prévu cette semaine, la traque annoncée des rebelles hutu rwandais est finalement urgente, le sommet ayant été annulé. Alors que l’Onu piaffant d’impatience de voir l’offensive lancée  a sommé Kinshasa de le faire dans l’immédiat.

Alors que l’attention de l’opinion nationale et internationale reste focalisée dans la partie orientale de la République démocratique du Congo (RDC)  attendant les premiers coups de feu annonçant le début de l’opération militaire des FARDC appuyées par la Monusco, le sommet de Luanda censé donner le feu vert à cette traque tant réclamée par Kigali notamment, vient d’être annulé. Par qui ? Par Luanda. Pourquoi ?

Kigali se réjouit de l’annulation du sommet

Pourquoi Luanda qui avait annoncé la tenue de cette rencontre cruciale vient de l’annuler, se limitant à dire laisser la main à l’Onu ? Comme l’on pouvait s’y attendre, l’annulation de ce sommet qui devait se tenir à la mi-janvier a  réjoui le pays qui ne cesse de réclamer à cor et à cri la traque des FDLR, en l’occurrence Kigali.

En effet, Louise Mushikiwabo, la ministre rwandaise des Affaires étrangères avait estimé,, la veille, dans les colonnes du New Times  que le sommet de Luanda était une  » perte de temps et d’argent  » et qu’il fallait agir contre les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Cependant, l’annulation du sommet de Luanda a agacé l’Afrique du Sud dont le président en avait confirmé la tenue.

Et pourtant, c’est cette rencontre de la CIRGL et de la SADC qui devait confirmer l’option militaire contre les rebelles hutu rwandais des FDLR sur laquelle insiste le Conseil de sécurité.

Faudrait-il voir dans cette décision l’une des retombées de la visite en décembre du président rwandais, Paul Kagamé, en Angola ?   Une rencontre qualifiée d’  » historique  » par le chef de la diplomatie angolaise et qui avait permis le rapprochement de Kigali et de Luanda.

Pourquoi Luanda a-t-il annulé cette rencontre ? En a-t-il averti le gouvernement congolais, comme Kigali ? Toutefois, Kinshasa avait évoqué ce sommet, le même vendredi, par la voix de son porte-parole, Lambert Mende, lors d’une conférence de presse.

Pour le patron de la Monusco, Martin Kobler, quoique évasif sur la tenue ou non du sommet de Luanda, a réaffirmé que les Casques bleus de la Monusco étaient prêts à se lancer dans les opérations militaires contre les FDLR attendant seulement le feu vert de Kinshasa.

Mécontentement sud-africain

Du côté de Pretoria, l’annulation du sommet de Luanda a provoqué  le mécontentement. Ce qui pousse Jacob Zuma, en charge des problématiques de sécurité et de défense au sein de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe),  à demander des explications à Luanda. D’autant plus que Kigali a toujours accusé l’Afrique du Sud qui est membre de la SADC – comme la RDC –  de tout faire pour éviter les opérations militaires contre les FDLR.

Des accusations qui n’échappent pas également à la Tanzanie qui est aussi membre de la SADC et fournit des troupes à la brigade de l’Onu en RDC. Kigali a toujours accusé les autorités tanzaniennes de parti pris envers les FDLR.

Alors que samedi 10 janvier courant, le ministre tanzanien des Affaires étrangères, Bernard Membe, a estimé que son pays n’était pas prêt à prendre part aux opérations militaires immédiates contre les FDLR si les populations civiles rwandaises parmi les FDLR n’étaient pas clairement identifiées et protégées.

La Tanzanie favorable à la reddition et au désarmement

Auparavant, le président tanzanien Jakaya Kikwete a affirmé être favorable à leur reddition et à leur désarmement volontaire.

Devant le corps diplomatique à Dar es-Salaam vendredi soir, M. Kikwete a voulu « rétablir les faits sur la position et le rôle de la Tanzanie dans l’évolution de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC et l’exercice de reddition et de désarmement volontaire des rebelles des FDLR », les Forces démocratiques de libération du Rwanda

« Nous avons toujours soutenu et continuerons de soutenir les efforts pour faire en sorte que l’est de la RDC soit libéré des groupes armés qui menacent la sécurité du Congo et des voisins du Congo », a-t-il poursuivi, d’après le discours publié par la présidence devant le corps diplomatique à Dar es-Salaam vendredi soir.

« Toute déformation de la position de la Tanzanie est le fait de gens qui prétendent lire dans l’esprit de la Tanzanie » et sont « mal intentionnées », a-t-il ajouté »

Il est vrai que les relations entre Jakaya Kikwete et Paul Kagame se sont dégradées depuis 2013, quand le président tanzanien a suggéré la tenue de pourparlers entre le gouvernement rwandais et les FDLR

En 2013 également, la Tanzanie a déployé un bataillon en RDC dans la brigade d’intervention de l’Onu, qui a défait les rebelles pro rwandais du M23 accusés par les experts onusiens d’avoir bénéficié de l’appui du Rwanda et de l’Ouganda.

Dix jours après l’expiration de l’ultimatum lancé aux FDLR pour se rendre, la réalité est que la traque des rebelles hutu rwandais tarde a être lancée. En dépit du discours très ferme tenu par l’équipe des envoyés spéciaux pour la région des Grands Lacs dirigée par Said Djinnit quelques jours avant l’expiration de l’ultimatum.

En effet, ceux-ci ont appelé es Forces armées de la RDC (FARDC) et la Monusco à lancer des opérations militaires.

Plus de 300 FDLR seulement ont déposé les armes

De l’avis général, le désarmement volontaire longtemps prôné par Kinshasa et la Monusco est loin d’avoir apporté les effets escomptés. Depuis mai dernier, 337 combattants seulement pour la plupart jeunes et inexpérimentés ont déposé les armes soit 26% des quelque 1 300 FDLR comptabilisés par les autorités congolaises en octobre 2012. L’Onu, quant à elle, parle d’au moins 2 000 FDLR et le Rwanda de plus de 3 000.

Quoiqu’il en soit, l’effectif des FDLR n’est aujourd’hui ce qu’il était hier. Le mouvement  souffre entre autres de l’arrestation de ses deux principaux chefs en Allemagne en 2009, de la reddition de plusieurs de ses commandants militaires – même si tous ceux qui se sont rendus ne sont pas des combattants -, des opérations de l’armée congolaise – récemment avec le soutien des Casques bleus déployés dans le pays, des combats avec d’autres milices en grand nombre en RDC, et du processus de désarmement et de réinsertion au Rwanda mis en place par l’Onu.

Quoiqu’on dise, l’option militaire contre les FDLR reste d’actualité du côté de Kinshasa, même si la date du déclenchement des opérations n’est pas encore dévoilée sur fond de la pression de la communauté internationale.

En attendant, la question de savoir pour quelle raison Luanda a annulé le sommet de la CIRGL et de la SADC sur ce dossier reste encore sans réponse.

Kléber Kungu


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