Edem KODJO prépare la transition en RDC ?

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image Eden KODJO

Edem Kodjo est-il à Kinshasa pour préparer la transition ? C’est ce que croit savoir l’opposition congolaise, qui est allée chercher  un début de réponse dans le curriculum vitae du Togolais. Edem Kodjo est, en effet, conseiller du président togolais Faure Gnassingbé et à la tête d’une formation politique (Convergence patriotique panafricaine), alliée au parti présidentiel. Le nombre des mandats au Togo devait être limité à deux. Mais, en fait, le projet a été enterré, permettant à Faure Gnassingbé de briguer un troisième mandat. Dans ce contexte, la nomination d’un proche du pouvoir togolais passe mal au sein de l’opposition congolaise qui se demande « si Edem Kodjo n’est pas là pour prolonger Joseph Kabila à la tête de la RDC ». Edem Kodjo devrait persuader la Majorité au pouvoir d’élaguer de leur agenda les matières qui suscitent des craintes et autres appréhensions consécutives à la violation de la Constitution de la RDC et au non-respect de l’alternance politique.

Après sa nomination  le 14 janvier 2016 par l'Union africaine (UA) pour suivre le dialogue convoqué par le président Joseph Kabila, Edem  Kodjo a rencontré le chef de l'Etat congolais, des représentants de la société civile, des partis politiques et des institutions lors de son bref  séjour à Kinshasa, en prévision d’un dialogue  politique inclusif dont la date n’est pas fixée.

Le facilitateur  togolais  considère la démarche amorcée comme «  une preuve de l'engouement autour de sa médiation ».

Après sa rencontre avec le président Joseph Kabila, Edem Kodjo s’est dit rassuré sur la détermination du chef de l'Etat congolais de  tenir le dialogue dans les plus brefs délais malgré les soupçons de l'opposition quant à un éventuel glissement du calendrier électoral.

« Le président Kabila ne m'a pas confié ses intentions », a fait  l'ancien Premier ministre togolais qui dénonce toutefois les procès d'intention dommageables à ce type de dialogue.

Si certains opposants reprochent à l'UA de ne pas avoir mentionné le respect des délais constitutionnels dans son communiqué annonçant la nomination de son facilitateur Edem Kodjo,celui-ci se défend que « le respect des délais constitutionnels est impératif », dit-il.

Il appelle la Dynamique de l'opposition et le G7, deux formations hostiles au dialogue, à revoir leur décision, félicitant certains partis issus de ces plates-formes d'avoir accepté de le rencontrer. Mais « uniquement pour faire part des raisons de notre refus de participer à tel dialogue qui risque de donner lieu à un report des élections », justifie dans un communiqué le MLC de Jean-Pierre Bemba.

Parmi les personnalités rencontrées, le président de l'Assemblée nationale et secrétaire général de la majorité. « C'est un fonctionnaire international, discret et neutre et il a une connaissance suffisante du Congo », estime Aubin Minaku. L'ancien vice-président et président du RCD renchérit : « Je suis impressionné par son expérience et sa passion pour le dossier Congo ».

Azarias Ruberwa estime que le Togolais a compris les enjeux et souhaite éviter le pire. Après avoir rencontré la CENI, Edem Kodjo se dit surtout inquiet du peu d'avancée dans les préparatifs des élections. D'où l'urgence du dialogue, insiste le facilitateur.

Edem Kodjo doit rendre compte de ses discussions à la présidence de la Commission de l'UA, qui - elle-même- en fera part au sommet des chefs d'Etat prévus pour la fin du mois. L'ex-Premier ministre togolais pourrait donc ne revenir, au mieux, qu'au début du mois de février pour poursuivre ses consultations en attendant la tenue du dialogue dont on ignore toujours la date

Le facilitateur Edem Kodjo ne fait pas l’unanimité, selon certains acteurs de la scène politique

Les réactions sont très tranchées à Kinshasa sur la nomination par l’Union africaine de l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo comme facilitateur du dialogue national politique proposé par le président Joseph Kabila.

Pour la Majorité présidentielle «c’est quelqu’un dont l’expérience et l’expertise dans le traitement des conflits africains et interafricains, s’impose sur le continent. Une personne qui pourrait utilement  aider les Congolais à cheminer vers la cohésion nationale » assure le porte-parole André-Alain Atundu Liongo.

Transition ?

Mais l’opposition est plus circonspecte, voire hostile au facilitateur togolais. La Dynamique de l’opposition et le G7, un groupe de frondeurs de la majorité, « ne souscrivent pas à la facilitation africaine ». Une médiation qui ne « favorise pas le déblocage du processus électoral ».

Pour l’opposition, ce dialogue n’est là que pour négocier une transition qui permettrait au président Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà du délai constitutionnel. Le mandat de Joseph Kabila doit prendre fin en décembre 2016, la Constitution ne l’autorisant pas à se représenter pour un troisième mandat.

Conseiller de Faure Gnassingbé

Les craintes de l’opposition sont appuyées par la position de Steve Mbikayi, du Parti travailliste, qui soutient l’arrivée du facilitateur Edem Kodjo. Ce député s’est encore récemment déclaré « favorable à une période de transition » pour apaiser la crise électorale avec la nomination d’un gouvernement de transition.

Edem Kodjo est-il à Kinshasa pour préparer la transition ? C’est ce que croit savoir l’opposition congolaise, qui est allée chercher  un début de réponse dans le curriculum vitae du Togolais.

Edem Kodjo est, en effet, conseiller du président togolais Faure Gnassingbé et à la tête d’une formation politique (Convergence patriotique panafricaine), alliée au parti présidentiel

Le nombre des mandats au Togo devait être limité à deux. Mais, en fait, le projet a été enterré, permettant à Faure Gnassingbé de briguer un troisième mandat.

Dans ce contexte, la nomination d’un proche du pouvoir togolais passe mal au sein de l’opposition congolaise qui se demande « si Edem Kodjo n’est pas là pour prolonger Joseph Kabila à la tête de la RDC », d’après les analyses croisées du journal en ligne Afrikarabia.

L’ancien Premier ministre togolais a rencontré le président Joseph Kabila mardi 19 janvier 2016 et devait se réunir avec la Dynamique de l’opposition le mercredi… une invitation déclinée par l’opposition.

Bien que la MONUSCO ait réitéré son soutien à l’émissaire de l’Union africaine en séjour à Kinshasa, la Dynamique de l’opposition et le G7 récusent la démarche de l’Union africaine. Ils désapprouvent la démarche de l’UA qui a désigné l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo pour mener des consultations en vue du dialogue national inclusif.

Ces deux plates-formes de l’opposition ont exprimé leur position dans une lettre, adressée jeudi 21 janvier, à la présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma.

Les ténors influents de ces cartels politiques affirment  ne pas souscrire à la facilitation initiée par Mme Zuma qui, selon eux, « ne fait pas une bonne lecture de la situation politique actuelle en RD Congo ».

«Nous nous sommes rendus comptes que Mme Zuma est très mal renseignée parce qu’en réalité, il y a en RDC ni crise institutionnelle, ni crise constitutionnelle. C’est une crise artificiellement créé par Monsieur Kabila parce qu’il a envie de rester au pouvoir aussi longtemps qu’il voudrait», a indiqué le modérateur de la Dynamique de l’opposition, Jean-Lucien Busa Tongba.

Il s’étonne également que la présidente de l’UA n’ait pas fait, dans son communiqué, allusion au respect de la Constitution en RDC.

Pour la Dynamique de l’opposition et le G7, « Mme Nkosazana Dlamini-Zuma  a pris une option qui ne facilite pas des réponses pertinentes aux problèmes qui se posent en RDC ». Cette plate-forme estime par ailleurs que « ce n’est pas le dialogue qui intéresse les Congolais maintenant, mais plutôt les élections de 2016 ».

La  Voix des Sans Voix a saisi l’opportunité offerte par la désignation de M. Edem Kodjo en qualité de facilitateur Edem Kodjo pour lui demande d’œuvrer, pendant les pré-consultations, pour la tenue effective et la réussite du dialogue politique national inclusif.

Pour ce faire, il devrait persuader la Majorité au pouvoir d’élaguer de leur agenda les matières qui suscitent des craintes et autres appréhensions consécutives à la violation de la Constitution de la RD Congo et au non-respect de l’alternance politique.

Ci-dessous, le communiqué de presse de la VSV N°002/RDC/VSV/CE/2016).

POUR UN DIALOGUE NATIONAL QUI RESPECTE LA CONSTITUTION DE LA RDCONGO ET L’ALTERNANCE POLITIQUE DEMOCRATIQUE EN 2016

La Voix des Sans Voix pour les Droits l’Homme (VSV) salue la désignation, par la Commission de l’Union Africaine, en qualité de facilitateur du dialogue national politique en République Démocratique du Congo, de monsieur Edem Kodjo, ancien Secrétaire Général de l’Organisation de l’Unité Africaine (actuelle Union Africaine) et ancien Premier Ministre du Togo.

La VSV espère que les consultations pré-dialogue qu’entamera le facilitateur permettront de rapprocher et d’harmoniser les vues entre les acteurs politiques notamment la majorité au pouvoir et l’opposition politique en vue d’un agenda commun avec des objectifs clairs et précis du dialogue sans énerver la Constitution de la RDCongo.

Pour la VSV, si le dialogue national n’a réellement pour objectif que l’organisation d’un processus électoral apaisé, complet, inclusif et crédible, comme repris dans l’ordonnance signée par le Président de la République, samedi 28 novembre 2015 en respectant la Constitution de la RDCongo et l’alternance politique en 2016, il serait souhaitable que tous les acteurs  de l’opposition politique  y prennent part active.

La VSV invite les acteurs politiques de l’Opposition qui, pour des raisons  tout à fait légitimes  hésitent encore à rencontrer le facilitateur, le moment venu, de ne pas commettre l’erreur de décliner d’éventuelles invitations à eux adressées par ledit facilitateur mais plutôt de rencontrer ce dernier, de l’écouter et à l’occasion de présenter leur cahier des charges  consécutives au respect strict de la Constitution.

En effet, aucun bon consensus ne peut sortir du néant sans que les acteurs politiques en présence ne se rencontrent et ne se parlent.

La VSV attire cependant l’attention des autorités congolaises sur le danger qui guette le dialogue national inclusif en RDCongo.  Tirant les leçons de l’expérience des dialogues politiques antérieurs et des concertations nationales, il revient à la VSV que bon nombre d’acteurs politiques de la majorité au pouvoir comme  ceux de l’opposition politique qui soutiennent le dialogue le feraient en perspective du partage des postes et autres fonctions juteuses à la fin dudit dialogue national. Il est donc impérieux de n’envisager, avant, pendant et à l’issue du dialogue aucun partage des postes ni des fonctions afin d’éviter des désillusions, déceptions et frustrations susceptibles de ne pas favoriser la cohésion nationale et la consolidation de la démocratie en RDCongo.

En définitive, la VSV demande :

Aux autorités rdcongolaises :

- de donner des signaux clairs et forts en faveur d’un dialogue national inclusif en faisant libérer tous les détenus et prisonniers politiques en RDCongo qui croupissent encore à la Prison Centrale de Makala ou dans d’autres cachots et prisons de la RDCongo ;

- de respecter la loi portant organisation et fonctionnement des partis politiques en mettant fin au dédoublement des partis politiques n’ayant pour seul objectif que de fragiliser les opposants politiques qui ne s’inclinent pas aux points de vue de la majorité au pouvoir.

Au facilitateur Edem Kodjo :

- d’œuvrer, pendant les pré-consultations pour la tenue effective et la réussite du dialogue politique national inclusif en persuadant la majorité au pouvoir d’élaguer de leur agenda les matières qui suscitent des craintes et autres appréhensions consécutives à la violation de la Constitution de la RD Congo et au non-respect de l’alternance politique.

Fait à Kinshasa, le 19 janvier 2016.

LA VOIX DES SANS VOIX


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