Abdoulaye WADE fait la honte du Sénégal

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image Abdoulaye Wade

Le  Sénégal a toujours été considéré comme une vitrine de l'Afrique en matière de démocratie où les différentes alternances politiques ont réussi grâce d'une part à un jeu politique ouvert des acteurs politiques et d'autre part à la volonté de la population sénégalaise de participer à ce jeu en vue d'améliorer son quotidien vital. Sur la pérception de leur modèle politique avec un multipartisme assez précoce, les sénégalais se sont toujours vantés d'être le chantre de la démocratie en Afrique. Les transformations institutionnelles et politiques sans oublier le social ont été déterminants dans le processus de l'alternance politique. En 2000 par exemple, il a fallu voir dans le changement politique la conséquence d'une forte demande sociale. Les sénégalais excédés par la pauvreté et la corruption des élites au pouvoir décidèrent de remplacer le régime socialiste après quarante années de pouvoir. Cette alternance politique ou le "Sopir"  a été possible grâce au  vote sanction contre Diouf et le parti socialiste. Élu en 2000 pour sept ans, Wade fut réélu en 2007 pour un deuxième mandat de cinq ans après la modification constitutionnelle pour passer au quinquennat. La où la candidature de Wade fit polémique en 2012, c'est quand il voulut s'agripper obstinément à son fauteuil présidentiel en cherchant à tisser sa toile pour confier le pouvoir à sa famille, voulant modifier la constitution avec une dévolution monarchique du pouvoir à Karim Wade, son fils. L'opposition sénégalaise, la société civile, le mouvement "Y' en a marre"  accuserent Wade d'un hold-up électoral, le contraignant à renoncer à un troisième mandat en 2012, année où Wade joua le dernier acte du film de son parcours politique avec sa déculottée face à Macky Sall.

Depuis son retour à Dakar, Wade s'en prend souvent à son successeur de manière virulente. A quelques jours du quinzième sommet de la Francophonie à Dakar, Wade a relancé les hostilités contre Macky Sall. Il vient de décliner sèchement l'invitation qui lui a été adressée par le président actuel du Sénégal en répondant qu'il était plus préoccupé par le sort de son fils en prison depuis deux ans. Dans cette guerre ouverte,  Wade promet de jouer le trouble-fête lors du sommet de la Francophonie. La où le bât blesse, c'est quand Wade demande à son successeur d'écourter son mandat pour qu'il y ait une transition au Sénégal jusqu'aux prochaines élections présidentielles.

Abdoulaye Wade devient amnésique. Il ignore que Macky Sall a une légitimité des urnes. En démocratie, le peuple est souverain.  Cherchant de faire une autre lecture de la constitution sénégalaise, Wade fait de la diversion. Ce qui est paradoxal, à son âge, au lieu de demeurer une bibliothèque vivante pour les acteurs politiques sénégalais et africains, Wade revient à ses vieux réflexes. Il garde ses impulsions insurrectionnelles. Au mois de mai à titre d'exemple, Wade avait déclaré dans Jeune Afrique qu'il pouvait renverser Macky Sall à tout moment et lancer le peuple  contre le palais présidentiel. Des telles déclarations étaient très troublantes d'un ancien président sénégalais  surtout. Aujourd'hui,  l' ex président sénégalais semble amuser la galerie. Au lieu de percevoir son successeur comme un usurpateur, Wade ferait mieux de se comporter en Homme d'Etat rassembleur et laisser la justice sénégalaise poursuivre son travail dans la sérénité à propos du dossier de son fils Karim. 

[Professeur Florent Kaniki]


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