Report des élections : L'horizon s'obscurcit un peu plus au Nigeria

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image Goodluck JONATHAN - Presidential election poster. Retouched by KongoTimes!

Le report des élections au Nigeria entraînent une "incertitude supplémentaire" sur les performances de la première économie du continent. Des spécialistes du Nigeria Stock Exchange All Share, ont fait état d'un plongeon du naira et d'une baisse des actions en réaction à l'annonce de la commission électorale, a rapporté cette semaine le quotidien économique britannique The Financial Times. Le motif avancé pour ce report par la Agence nationale de la sécurité (NSA) : les forces de défense ne seraient pas disponibles pour en assurer la sécurité puisqu'elles sont mobilisées contre le groupe islamiste armé Boko Haram. L'Opposition y voit une manoeuvre électoraliste du président sortant. Le marché boursier est plongé dans la dépression par l'ambiance politique et "en proie à l'incertitude et au pessimisme", explique le directeur du cabinet Valmon Securities de Lagos. Bref, l'horizon s'obscurcit un peu plus pour une économie déjà fortement touchée par la chute des cours de l'or noir.

Le report au 28 mars des élections présidentielle et parlementaires au Nigeria a ouvert une période d'incertitude dont les effets négatifs se font sentir sur une économie déjà mise à mal par la chute historique des cours du pétrole.

Razia Khan, responsable Afrique de la banque britannique Standard Chartered, résumé un sentiment largement partagé dans les milieux d'affaires nigérians: le report des élections et la prolongation de la campagne entraînent une "incertitude supplémentaire" sur les performances de la première économie du continent.

Les élections générales étaient fixées initialement au 14 février. Leur report a été annoncé le 7 février par la Commission électorale nationale indépendante (INEC) sur demande de l'Agence nationale de la sécurité (NSA).

Motif avancé par la NSA: si les scrutins étaient maintenus au 14 février, les forces de défense ne seraient pas disponibles pour en assurer la sécurité puisqu'elles sont mobilisées contre le groupe islamiste armé Boko Haram.

Si le report a suscité de très vives critiques de l'opposition, qui y voit une manoeuvre électoraliste du président sortant, il a surtout d'ores et déjà un impact sur l'économie.

Des spécialistes du Nigeria Stock Exchange All Share (NSE All Share), l'indice boursier du Nigeria, ont fait état d'un plongeon du naira -la monnaie nationale- et d'une baisse des actions en réaction à l'annonce de la commission électorale, a rapporté cette semaine le quotidien économique britannique The Financial Times.

Le marché boursier est plongé dans la dépression par l'ambiance politique et "en proie à l'incertitude et au pessimisme", explique Gabriel Ilori Akinyemi, directeur du cabinet Valmon Securities de Lagos.

Bref, l'horizon s'obscurcit un peu plus pour une économie déjà fortement touchée par la chute des cours de l'or noir.

Économie touchée, mariage 'ruiné'

Le Nigeria, premier producteur de pétrole du continent, dépend à 70% de ses exportations de brut pour son budget et à 90% pour ses recettes en devises.

Pour tenter de faire face à la situation, il a dévalué en novembre de 8% le naira, sa monnaie, qui a enregistré mercredi un nouveau record de baisse, s'échangeant désormais à 203,1 pour un dollar.

Le Nigeria a aussi revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2015 (de 6,35% à 5,5%) et proposé de réduire ses dépenses financées par le pétrole si les cours continuaient à chuter.

L'ajournement des élections a également réactivé la peur de nouvelles violences électorales. Beaucoup d'observateurs et de Nigérians eux-mêmes craignent de nouveaux troubles impliquant des partisans très déterminés des candidats favoris pour la présidentielle, le chef de l?État sortant Goodluck Jonathan, 57 ans, du Parti démocratique populaire (PDP), et l'ex-général Muhammadu Buhari, 72 ans, du Congrès progressiste (ACP), principale formation de l'opposition.

En 2011, les violences électorales avait fait un millier de morts dans ce pays le plus peuplé d'Afrique avec 173 millions d'habitants.

Rien de tel pour le moment, près d'une semaine après l'annonce du report du scrutin. Mais la décision de la commission électorale a aussi des conséquences directes sur la vie quotidienne des Nigérians.

Agnes Adedipe est ainsi inconsolable depuis l'annonce du report du scrutin au 28 mars, elle qui avait prévu de mettre les petits plats dans les grands pour son mariage à Lagos, ce jour-là précisément. . .

Le mariage est tombé à l'eau de facto: au Nigeria, les jours d'élections sont fériés et marqués par d'importantes restrictions de déplacements pour réduire des risques de débordements. Il est parfaitement exclu d'organiser un mariage avec 500 convives un jour d'élections.

"Ce report a ruiné mon plan", se désole Agnes qui avait déjà réservé l'orchestre et rien moins que deux traiteurs.

Contrainte de trouver une nouvelle date, elle n'a plus qu'à espérer, comme les milieux économiques et financiers du pays, que le conseiller à la sécurité du président Jonathan disait vrai lorsqu'il assurait lundi: la date du scrutin "ne sera pas changée à nouveau".

[avec Afp]


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