Côte d'Ivoire : La justice du vainqueur

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image Simone Gbagbo à Abidjan, le 27 mars 2011

L’épisode qui se déroule actuellement en Cote d’Ivoire, en ce qui concerne les partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo, incite à se poser mille et une questions. Car, la justice ivoirienne, depuis le départ du " boulanger ", semble plus s’occuper particulièrement des proches de Gbagbo que de tous les autres acteurs impliqués dans des conflits en Côte d’Ivoire. Apparemment, ce sont des pro-Gbagbo qui paient la facture du déchirement de l’héritage légué par Félix Houphouët Boigny.

A première vue, ce sont seulement les proches de l’ancien président Laurent Gbagbo qui sont interpellés ou condamnés. C’est ce camp qui est traqué par la Cour pénale internationale (CPI) et par la justice en Côte d’Ivoire. Résultat, l’ex-première dame s’en tire avec 20 ans de prison, là où le Ministère public avait requis 10 ans de prison, soit le double de ce que la justice a exigé en fin de compte. De quoi se demander si l’on n’est pas réellement en droite ligne de la justice du vainqueur.

Loin de nous l’idée de prétendre que les partisans de Laurent Gbagbo sont des saints ou que l’ex première dame ivoirienne n’a fait que du bien. Simplement, la justice ivoirienne commence à poser problème. Car, à titre de rappel, la violence est bel et bien partie d’une rébellion alors que Gbagbo était président de la République. Guillaume Soro et des gens qui se réclamaient du président Allasane Ouattara ne sont pas du tout à l’abri de tout soupçon au point de passer pour des protégés de la justice.

La rébellion, on ne peut pas dire qu’elle n’a commis aucun acte déplorable ou regrettable. Parce qu’elle a aussi commis des massacres bien connus. Lorsque seuls les pro-Gbagbo sont placés sur la sellette, on peut vraiment parler de la justice des vainqueurs, une justice à courte vie, comme celle ivoirienne qui prépare d’autres tentions. Car elle crée des frustrations dans les rangs des pans entiers du peuple.

C’est là que même la Communauté internationale, qui est généralement si prompte à donner des leçons, doit être conséquente avec elle-même. Car, ça ne sert à rien de jouer au sapeur pompier quand on ferme les yeux sur ceux qui mettent le feu. 

Le jugement à la tête de client ou à géométrie variable porte, en lui-même, les germes des conflits futurs. 

[M. M.]


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