Burkinabé, l’exemple de la détermination d’un peuple

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image Burkinabé - Célèbrent la fuite de Blaise Compaore

On ne pouvait s’imaginait que le peuple burkinabé allait se réveiller et offrir à l’Afrique et au monde l’exemple de la détermination d’un peuple. Et pourtant, tout était en l’air. La population, après 27 ans de règne sans partage de Blaise Compaore, avait tout simplement besoin d’une alternance politique. Mais, la clique au pouvoir, à commencer par le président lui-même, faisait la sourde oreille. En fait, sans gêne et sans scrupule, Blaise se croyait le centre du pouvoir au pays des Hommes intègres. Il se croyait, à tort, qu’il n’y a pas de meilleures alternatives que lui. Il s’imaginait incontournable, omnipotent et voulait demeurer au pouvoir à vie. Ce rêve qu’il a nourri en dépit de la protestation populaire par le truchement des partis politiques, semble tomber aujourd’hui en désuétude. Son rêve s’est brisé en l’espace d’un matin ébranlé par la volonté populaire qui en avait assez de ses dirigeants fanfarons, autocratiques, imbus d’eux-mêmes. Il quitte finalement le pouvoir sans préavis, loin de ses calculs machiavéliques et égocentriques.

La révolte d’Ouagadougou ouvre des nouvelles perspectives pour l’Afrique subsaharienne. Finalement, ceux qui s’en doutaient que « le peuple noir » n’avait pas la détermination et la capacité de se soulever énergiquement contre les dirigeants autoritaires et sanguinaires ou encore qu’il n’avait pas le sens du sacrifice humain pour faire triompher une cause, ont maintenant de la matière pour revoir leurs idées reçues. À ce propos, ne vaut-il pas la peine de rappeler comment le peuple sénégalais avait le 23 Juin 2011 fait plier les prétentions de Wade qui voulait aussi s’aventurer sur le chemin glissant du changement impromptu et taillé sur mesure de la constitution ! Il est cependant vrai qu’après le printemps arabe, on s’attendait que ce vent-là puisse souffler dans d’autres directions pour atteindre le reste du continent. Cela n’a pas eu lieu directement et automatiquement. Par ailleurs, en politique ou dans la vie sociale, on ne saurait jamais, à la minute près, ce qui peut déclencher une révolte. Il est évident que des faits imprévisibles ont pour règle d’échapper au contrôle des humains. Même ceux qui ont des services d’intelligence les plus sophistiqués au monde n’y parviennent pas. Il suffit d’une moindre chose, d’un moindre mouvement, pour que l’étincelle se propage et atteigne des proportions insoupçonnées, inimaginables.

Maintenant que l’exemple burkinabé est-là, vivant, palpable, éloquent, il faut que d’autres pays en tirent des leçons. Comme dans le cas de Burkina Faso, l’initiative de changer la constitution en République démocratique du Congo a été non seulement vivement critiquée par beaucoup, simples citoyens, partis politiques de l’opposition, d’éminents constitutionalistes, institutions constituées, gouvernements étrangers etc., mais jusqu’ici, les ténors de ce forceps veulent et entendent aller de l’avant. Ils ne s’imaginent pas les conséquences d’un tel acte pour un peuple qui s’est vu, à deux reprises, confisqué sa victoire électorale au dépens de Kabila qui trône par défi au pouvoir. Ils pensent que le fait d’avoir des mercenaires enrôlés au sein des troupes régulières de l’armée aura un effet dissuasif car ils auront pour tâche de mâter dans le sang toute tentative de soulèvement. Ils attendent, misant sur leur plan macabre, régler la révolte par un carnage d’une ampleur draconienne. Qu’ils soient rassurés cependant que quelle que soit leur machination, ils marcheront sur le peuple congolais le jour, qui n’est plus, où celui-ci décidera de mettre fin à ce régime.

Le bon sens voudrait que l’on tienne compte des expériences des autres et qu’on n’entende pas absolument que le feu atteigne sa maison pour chercher à l’éteindre. Blaise Compaore, devant l’évidence et la colère du peuple a capoté. Il a abandonné le pouvoir qu’il ne voulait pas lâcher en vil homme et de la manière la plus dégradante et la plus humiliante.

[Mwamba Tshibangu]


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