Burkina Faso : Ouagadougou est redevenue calme

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image Lieutenant-colonel Isaac Zida

Ouagadougou est redevenue calme dans la nuit, après que la ville a été occupée par des centaines de milliers de manifestants depuis le 30 octobre au matin. Dans la nuit, des mesures de sécurité ont été annoncées par le camp du lieutenant-colonel Zida : couvre-feu de 19 heures à 6 heures dans le pays et fermeture des frontières aériennes et terrestres. Ce matin, une grande opération de nettoyage était lancée. Hier et avant-hier, des habitations ont été pillées.

Au matin du 1er novembre, au lendemain de la démission de Blaise Compaoré, il est encore difficile de savoir qui pilote les manettes du pouvoir au Burkina Faso. Deux militaires se disputent le leadership de la transition.

Alors que le chef d'état-major, Honoré Nabéré Traoré, avait affirmé le 31 octobre en début d'après-midi, qu'il assumait les responsabilités de chef de l'État, un autre militaire a contredit cette prise de pouvoir dans la nuit.

Le lieutenant-colonel Isaac Zida, le numéro deux du régime de sécurité présidentielle, a proclamé la suspension de la Constitution en fin d'après-midi, avant de déclarer, en pleine nuit, "assurer les responsabilités de chef de la transition et de chef de l'État". Il a clairement qualifié de "caduques" les affirmations précédentes du général Traoré.

Des tractations au sein de l'armée aurait fait basculer l'avantage en faveur de Zida, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre. Ce dernier a également le soutien de la société civile, notamment du groupe Balai citoyen.

Deux jours après le début du soulèvement populaire contre le pouvoir burkinabé, Ouagadougou se réveille dans l'incertitude. Le point sur la situation.

Le lieutenant-colonel Isaac Zida prendrait-il la main ?

Depuis son apparition hier après-midi, sur la place de la Nation, le général Honoré Nabéré Traoré ne s'est plus exprimé publiquement. Il avait été reçu un peu froidement par la foule, qui venait de clamer sa joie après l'annonce de la démission de Blaise Compaoré.

Quelques heures plus tard, le lieutenant-colonel Zida, jusqu'alors resté dans l'ombre, commençait à s'exprimer et prendre le contre-pied des déclarations du général. Après son annonce, dans la nuit, qu'il assumait les responsabilités de chef de l'État, il s'est dirigé vers le palais présidentiel, laissé vacant. Il devait, selon RFI, rencontrer Traoré dans la matinée.

Les informations provenant de sources militaires semblent affirmer ce matin que Zida est en position de force. Aux yeux des Burkinabè, Traoré représente en effet le pouvoir de Compaoré. Il était son chef d'État-major, a été nommé après les mutineries de 2011 et n'avait pas, jusqu'à maintenant, témoigné d'une quelconque désaffection à l'égard du pouvoir en place.

Où sont Blaise Compaoré et sa famille ?

Blaise Compaoré a quitté le palais présidentiel de Kosyam, à Ouagadouou, hier en début d'après-midi, au moment où le communiqué annonçant sa démission était lu à la télévision. Son entourage affirmait alors qu'il partait en direction de Pô, son fief situé dans le sud du pays.

Une source proche du convoi explique que ce dernier n'a jamais atteint Pô par la route nationale. Il a bifurqué dans la brousse juste avant l'arrivée à Nobéré, situé à 45 km de Pô. La foule l'y attendait et les gardes de Compaoré ont préféré éviter l'affrontement.

En contact permanent avec le président ivoirien, Blaise Compaoré et ses accompagnateurs ont attendu l'hélicoptère envoyé par Alassane Ouattara jusque dans le milieu de l'après-midi.

C'est à Yamoussoukro que les autorités ivoiriennes ont emmené Blaise Compaoré pour le mettre à l'abri.

Son épouse, Chantal, et son frère, François, y sont également.

Comment se positionne l'opposition ?

Le mouvement Balai citoyen s'est affiché hier après-midi aux côtés du lieutenant-colonel Zida. Ce dernier cite toujours dans ses allocutions les "forces vives de la nation".

L'opposition politique a pour le moment pris ses distances avec l'armée et ne semble pas prendre partie pour l'un ou l'autre des deux officiers. Certains ne cachaient pas, hier, leur scepticisme face à une prise de pouvoir de l'armée.

Le général à la retraite Kouamé Lougué, dont le nom a été scandé à plusieurs reprises par la foule, a disparu des radars depuis hier.


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